T'es pas encore connecté ? Euh... je veux bien mais y a t'il des risques ?

 

Aujourd’hui, avec le développement des "nouvelles technologies" l’exposition aux Rayonnements Non Ionisants s'est démultiplié.1 De plus en plus, nombre de personnes s’inquiètent des risques de santé liés à l’exposition aux hyperfréquences et se posent des questions sur les limites de sécurité. Un petit rappel historique et technique s'impose pour mieux comprendre.

 

Que sont les hyperfréquences ?

 

C'est une bande de fréquences d'ondes communément appelée ainsi et située entre 0,8 et 3 GHz, et qui sont utilisées dans les technologies sans fil :

- téléphonie mobile (1G à 4G),

- téléphone fixe sans fil d'intérieur (DECT),

- box connectée en WiFi,

- tous les périphériques et appareils utilisant le Bluetooth et la WiFi (tablettes, imprimantes, claviers et souris sans fil, perches à selfies...),

- connectique embarquée (voitures, tracteurs, casques de moto...),

- domotique commandée par téléphone mobile (volets, chauffage, éclairage, visiophone...),

- certains jeux comme la console Wii, drônes, objets divers connectés.

 

Nous voyons chaque jour de nouveaux usages utilisant la bande de fréquence 2,45 GHz du WiFi ou du Bluetooth (qui n'est rien d'autre qu'une WiFi de proximité). Par exemple, toutes les imprimantes sont désormais connectées en WiFi, toutes les box rayonnent par défaut un signal WiFi si nous ne les paramétrons pas autrement. Désormais, même le WiFi est disponible à bord des TGV et des avions.

 

En moins de vingt ans, de façon incontrôlée et insidieuse, les hyperfréquences ont envahies les moindres recoins de nos espaces de vie. Bien sûr, c'est pratique ! Nous pouvons envoyer un mail urgent dans le train, téléphoner en moto, naviguer dans le web sur sa tablette ou sa télé, avoir le renseignement qui nous manquait à n'importe quel moment n'importe où, au resto ou au café. Et c'est bien pour çà que nous avons laissé ces ondes envahir notre vie publique et privée. Cependant, ce n'est pas pour autant qu'elles sont exemptes de danger pour la santé. Aucun principe de précaution n'a été appliqué en France, et il y règne une grande désinformation et un grand flou sur ce sujet, en partie liés aux lobby des opérateurs.

 

Sans danger ? Et pourtant des personnes de plus en plus nombreuses se plaignent de maux de tête chez elles, de mal être, de problématiques diverses et souvent incompréhensibles, d'une diminution des défenses immunitaires, voire d'électro-hypersensibilité (EHS). Les jeunes sont de plus en plus atteints d'hyperactivité, et l'on voit des maladies comme les tumeurs du nerf auditif, l'Alzheimer et la méningite grimper en flèche. Bien entendu, je ne vais pas affirmer que seules les hyperfréquences sont responsables. Ces problèmes de santé modernes sont multifactoriels, mais selon des études internationales, il a été démontré que les hyperfréquences y prennent une place. Il ne s'agit pas non plus de remettre en cause notre confort technologique, mais de mieux en appréhender les risques pour mieux les cadrer.

 

Alors, y a t'il réellement des risques avec les hyperfréquences ? Et quels sont ils ?

 

Existe t'il des preuves de risques ?

 

Au niveau officiel, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du travail (AFSSET) a présenté en 2003 un rapport qui conclut à l’innocuité de la téléphonie mobile : "Il n'existe pas aujourd'hui de preuve scientifique démontrant que les champs électromagnétiques présentent un risque pour la santé." Cependant en 2006, les enquêtes effectuées par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et l’Inspection Générale de l’Environnement (IGE) sur les expertises de l’AFSSET, ont révélé des défaillances, des insuffisances, voire des irrégularités, et surtout que des experts rapporteurs avaient des liens directs ou indirects avec les opérateurs de téléphonie mobile.2 Ce sont toutefois les déclarations de l’Afsset qui ont servies d'argument en France jusqu'en 2012.3

 

D’un autre côté, des centaines d'études scientifiques internationales réalisées, très sérieuses et non contestées, démontrent tout à fait l’inverse sur l’ensemble des ondes électromagnétiques de notre vie courante (EBF/Extrêmement Basses Fréquences du courant alternatif et HF/Hyperfréquences des nouvelles technologies sans fil). Parmi celles-ci, dans le domaine de la technologie des communications hyperfréquences, afférentes aux téléphones mobiles et aux antennes-relais (et incluant aussi la WIFI 2,45GHz), il s’est avéré que plusieurs centaines d'études internationales ont mis en évidence des risques pour la santé. Citons, entre autres, l’expérience du professeur Madeleine Bastide de l’Université de Montpellier, sur des œufs fécondés exposés aux hyperfréquences et présentant des taux de mortalité anormaux (au-delà de 70%), Mais aussi l’expérience récente de l’Université de Clermont-Ferrand qui met en évidence les effets du rayonnement des champs électromagnétiques de 900MHz (1G) sur le fonctionnement génétique des végétaux (organismes vivants)...

 

En 2007 le Rapport Bioinitiative4, issu d’une communauté scientifique internationale, a fait la synthèse en 600 pages de l’ensemble des études (épidémiologiques, expérimentations in vivo et in vitro) et présente des preuves scientifiques d’effets biologiques non-négligeables des rayonnements électromagnétiques. Il démontre que les champs pulsés sont bioactifs. Le mot "preuve" est spécifiquement écrit noir sur blanc dans le rapport.

 

Pour ne parler ici que des hyperfréquences5, il a été mis en évidence dans le même rapport (et ce à des seuils et puissances d’émission très faibles) :

- une génotoxicité (dommages sur l’ADN),

- un stress cellulaire qui provoque une augmentation des radicaux libres,

- des effets sur le système immunitaire,

- des troubles du comportement et du système nerveux central,

- des tumeurs cérébrales (pour l’utilisation fréquente du téléphone portable),

- l’augmentation des gliomes et des neurinomes acoustiques (pour l’utilisation fréquente du téléphone portable),

- une baisse du taux de mélatonine entraînant un risque accru de cancer et d’alzheimer.

 

Ce même Rapport Bioinitiative présente aussi des arguments pour baisser significativement les seuils de protection. La norme maximum pour les Hyperfréquences, tant en France qu’au niveau Européen, de 3 V/m est largement au-dessus de ce que préconise le Rapport, c’est à dire 0,614 V/m en extérieur6. D’autre part il faut préciser que la norme actuelle s’adresse à la compatibilité des appareillages entre eux et non à la biocompatibilité. Elle ne tient compte éventuellement que des effets thermiques sur l’homme et non des effets biologiques ou athermiques cités par le Rapport. De plus, elle ne tient pas compte de l’effet cumulatif d’autres bandes de fréquences ou de plusieurs équipements.

 

L'Anses (Angence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail), qui remplace désormais l'Affset, a reconnu en 2013 "différents effets biologiques chez l'homme ou chez l'animal ; dont le sommeil, la fertilité mâle ou encore les performances cognitives." Un tel revirement de situation de l'organisme officiel témoigne bel et bien que certaines preuves ont été établies et que les risques d'exposition aux hyperfréquences sont présents.

 

Un lobbying puissant empêchant de voir un futur problème sanitaire majeur ?

 

L'information est claire dans certains pays, et certains gouvernements (comme en Allemagne, Suisse, Autriche) ont pris des mesures issues des recommandations du Rapport Bioinitiative. Si l'information en France reste floue, et que la plupart des utilisateurs d'appareils connectés ne savent pas quoi penser, c'est bien que nous sommes dans une affaire de lobbying des opérateurs, tel que le fût le cas du lobby des fabricants de cigarettes pendant un temps. Nous savons bien que les industriels de tous bords sont présents à l'assemblée nationale et font pression en permanence sur les députés, leur présentant même des amendements déjà rédigés qu'ils n'ont plus qu'à signer. C'est le cas pour les perturbateurs endocriniens comme pour les opérateurs de téléphonies et d'internet.

 

Nous pourrions bien être au devant d’un grave problème sanitaire, tel que le fût celui de l'amiante. De plus en plus de personnes se plaignent d’hypersensibilité aux champs électromagnétiques7 et les chiffres des cancers, alzheimers, maladies génétiques ne cessent d’augmenter. Les hyperfréquences ne sont bien entendu pas le seul facteur potentiel, mais participent à un cumul des agressions environnementales. On ne peut que s'interroger sur l'hyperactivité de plus en plus croissante des jeunes, liée à la courbe d'expansion des nouvelles technologies et du seuil d'exposition de plus en plus important aux hyperfréquences.

 

Dans de nombreux pays, nombre de médecins et scientifiques ont manifesté publiquement leurs inquiétudes au regard des pathologies développées par certains patients riverains d’antennes relais et utilisateurs de téléphones portables.8 Nous n’en sommes donc plus aux preuves, elles sont devant nos yeux. Nous sommes par contre devant un soucis de reconnaissance et d’information de ces preuves en France. Et il y a urgence à œuvrer ensemble à un développement maîtrisé des nouvelles technologies utilisant les Hyperfréquences. Ce, en faisant valoir l’application du principe de précaution, en demandant à nos élus de voter des arrêtés pour interdire l’implantation d’antenne à moins de 300m d’habitations, ou encore d'abaisser les puissances d'émissions pour les antennes proches.

 

Mais le risque le plus important est maintenant celui de la perversité du WiFi qui entre dans nos vies privées par la multitude d'appareils connectés. Même si nous ne le choisissons pas, c'est souvent par le voisinage que nous nous trouvons exposés. Cela devient donc un problème de société et de mode de vie. Bien sûr, la meilleure façon de ne pas créer d'Hyperfréquences c'est de ne pas en produire. Mais comment faire machine arrière dans l'emballement actuel ? Comment oeuvrer pour notre santé sans remettre en question un mode de vie connecté désormais entré dans les moeurs ? Des pistes sont possibles, comme demander aux constructeurs de baisser les puissances d'émissions de ces appareils, à rendre obligatoires les DAS9 des tablettes et appareils connectés (et pas seulement les téléphones portables), et surtout en diffusant l’information sur les risques sanitaires réels des Hyperfréquences afin de sensibiliser le maximum de personnes.

 

Article mis à jour en Janvier 2018, paru précédemment dans "Les nouvelles du pays du Trièves N°259 d'Avril 2009" et "L'Acellu di l'Isula N°11 d'Aprile-Maghju-Ghjugnu 2009".

 

A venir prochainement : Le Linky...

 

 

Notes

1 On estime que l’exposition électromagnétique est aujourd’hui 1 million à 1 milliard de fois plus élevée qu’il y a 50 ans.

2 Le Parisien, 13 septembre 2006.

3 Comme en témoignait la plaquette « Téléphones mobiles/ Santé & Sécurité » éditée par le Ministère de la Santé et des Solidarités en Mars 2007.

4 www.bioinitiative.org

5 De nombreux risques sont aussi afférents aux rayonnements basse fréquence des installations et appareils électriques, entre autre l’augmentation de leucémie infantile.

6 Précisons qu’il ne s’agit encore là que d’un seuil critique et non d’un seuil de bien-être.

7 Reconnue par la médecine dans certains autres pays Européens, comme la Suède.

8 Citons ici parmi une dizaine d’appels : l’appel de Salzbourg (Autriche), en 2000 l’appel de Fribourg (Allemagne), l’appel d’Helsinski (Finlande), en 2005 le rapport Stewart et ses déclarations dans le Times (Angleterre), en 2005 l’appel de l’Australian Center for Radiofrequency Bioeffects Research (ACRBR), en 2008 l'appel de David Servan-Schreiber et 19 cancérologues français sur la téléphonie mobile, 2015 l'appel international à l'ONU de 190 scientifiques sur les dangers des champs électromagnétiques...

9 Le DAS (Débit d'Absorption Spécifique) est un indice indiquant la quantité d'énergie véhiculée par les ondes radiofréquences reçues par l'usager d'un appareil radioélectrique (téléphone portable, par exemple), lorsque cet appareil fonctionne à pleine puissance et dans les pires conditions d'utilisation. Dans l'UE, le DAS limité à 2 W/Kg et est obligatoire à l'affichage dans les magasins de téléphonie.

Écrire commentaire

Commentaires: 0