Dans notre intériorité

Nous voici donc confinés, dans nos espaces, nos lieux, nos bureaux. Je les souhaite les plus ressourçants possible dans notre vie, afin de vivre au mieux ce temps qui sera long.

Nous découvrons notre lieu sous un nouvel angle :

- Je ne voyais plus cet objet à force de passer devant chaque jour.

- Ce petit canapé devient mon espace de bureau douillet.

- J’ouvre un placard et redécouvre ces livres que je n’ai pas encore lus.

- Ce coin de salon devient ma surface de gymnastique quotidienne.

- Que puis-je faire de cette grande entrée vide ? Un petit salon de thé ? Un potager d’intérieur ?

Nous goûtons à cette intériorité douce, sensible, nouvelle. Un intérieur qui contraste subitement avec un monde extérieur devenu étrangement inconnu, peuplé d’un envahisseur invisible. Et entre les deux, ces murs que nous percevons vibrants, vivants, comme une autre peau qui nous sépare de l’extérieur. Nous vivons peut-être cette membrane protectrice comme une extension de nous-même, comme un filtre d’échange précieux et le temps nous est donné pour prendre soin. Prendre soin de notre intérieur, prendre soin de notre intériorité, prendre soin de notre relation au monde.

Nous pouvons prendre ce temps comme un repli forcé, dans lequel la colère et l’impuissance nous submergent ; mais pouvons aussi choisir que ce soit une retraite pour trier, ranger, faire le point, puiser dans nos richesses intérieures.

C’est le temps du bilan, pendant lequel nous allons récapituler ce que nous avons acquis, là où nous sommes et ce qui nous reste à cheminer, les actes que nous poserons après.

C’est le temps de méditer, et laisser les choses êtres telles qu’elles sont.

C’est le temps de créer, en laissant nos idées couler tel un flot inépuisable, en mixant des concepts qui ne s’assemblaient pas auparavant.

C’est le temps du grand rangement, du dépoussiérage de nos greniers, de la réorganisation des espaces, du tri avancé de printemps ; et puis se poser les bonnes questions sur ces nombreux objets inutiles accumulés, au cas où…

C’est le temps du minimalisme, et apprendre peut-être enfin que nous n’avons pas besoin de grand chose pour être, pour vivre et pour aimer ; juste le contenu d’une petite valise.

C’est le temps des nouveaux moyens d’échanges et d’apprentissage, la prise de conscience que nous pouvons en apprendre autant sans contact direct, par la voix et par l’image ; nous demandons à dépasser nos propres limitations anciennes.

C’est le temps de réinventer le monde, car plus rien ne sera comme avant ; et nous entrons dans un nouveau monde, un désormais inconnu à explorer, une nature qu’il nous faudra désormais écouter et respecter dans ses limites, ses intelligences et ses forces élémentaires ; une écologie qui s’ancrera dans chacun de nos gestes.

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