Le jour d'après...

Mais d’après quoi ? Utiliser cette expression signifie que nous concevons un monde d’avant et un monde d’après, un ancien monde et un nouveau monde. Sommes-nous déjà passé dans le nouveau monde ? Ou bien sommes-nous juste à la charnière, au pivot, au moment de bascule entre les deux ? Et quel serait cet ancien monde que nous tenterions de quitter par tous nos efforts ? Et quel est ce nouveau monde dans lequel nous rêverions d’entrer ?

 

En vérité, le monde change pas. C’est notre vision du monde qui change. Gaia, notre Terre-Mère reste la même, si ce n’est qu’elle a peut-être un petit rhume. Mais rien de grave. Ne nous inquiétons pas pour elle. Gaia nous survivra, c’est certain. Alors, inquiétons-nous plutôt pour nous-même.

 

Dans cette optique, résoudre le réchauffement climatique apparaît donc comme un leurre. J’entends par là que l’humanité tente actuellement de résoudre son extinction possible en regardant à l’extérieur. C’est un peu comme si vous alliez chez le psy en lui demandant comment changer votre compagne ou votre compagnon afin que la relation de couple change. N’est-ce pas une posture un peu perverse ? Du latin pervertare, inverser. Nous souhaitons résoudre le réchauffement climatique, mais sans rien perdre de notre confort à outrance générant une majorité des GES (Gaz à Effet de Serre), évidemment sans rien changer à notre mode de vie, et sans rien changer à notre fameux modèle économique basé sur la croissance.

 

Bon, allez un peu de courage. Regardons les choses avec lucidité. Nous le savons déjà, mais il est bon de le répéter : une croissance illimitée sur une planète aux limites finies est une folie. Que nous remplacions le mot croissance par développement durable, c'est la même chose. Aucun développement sur une planète finie, ne peut être durable, alors que nous avons déjà dépassé les capacités de ressources de la Terre.

 

Alors que faire ? Changer notre vision du monde, passer d’un modèle à un autre, d’un paradigme à un autre. Nous devons quitter un ancien monde prônant l’individualisme, la concurrence et la course au « toujours plus », un monde démentiel dans lequel nous nous sentons piégés. Car pour y survivre, il nous faut jouer au jeu de la concurrence et à celui de la croissance exponentielle. Tout augmente d’année en année, tout s’emballe, tout va de plus en plus vite, il nous faut toujours plus, plus de thunes, plus d’objets, plus d’appareils, plus de connectivité, plus de bien immobiliers, plus d'attraction, plus de café, plus de sensations fortes… C’est une pure maladie mentale qui n’a aucun fondement. L’humanité est malade d’un emballement, engendrant la plupart des problèmes environnementaux majeurs du siècle, et c’est juste cela qu’il faut soigner. Pas Gaia.

 

La crise épidémique que nous traversons actuellement n’est-elle pas celle d’une alerte à l’échelle globale ? Elle nous oblige à nous arrêter, à ralentir, à faire autant avec moins, à nous déplacer moins, à privilégier la qualité de nos échanges, à réinventer notre quotidien, à prendre soin de nous… C’est merveilleux. Mais est-ce qu’une seule crise sera nécessaire ?

 

Cette période inédite nous montre que nous nous sommes séparé de quelque chose d’essentiel. Nous avons perdu un lien, celui de notre environnement naturel, de notre Terre-Mère Gaia. Alors, nous avons essayé de modeler la Terre selon nos désirs, pour nos intérêts personnels. Mais nous avons perdu notre matrice.

 

Qui aujourd’hui regarde encore les étoiles ? Qui aujourd’hui sait encore passer une journée entière dans la nature et le silence total, sans parler, sans « son précieux » (smartphone) ? Qui sait encore vraiment vivre en autonomie totale avec un petit jardin et un petit habitat ? Qui sait encore rire de choses simples, sans détruire une autre personne ?

 

Résoudre la blessure de séparation avec Gaia est le seul traitement. Réfléchissons. Quand nous avons des soucis de santé, nous savons que reprendre une alimentation naturelle sera en grande partie bénéfique. Quand nous sommes saturés d’ondes, d’informations, de journées harassantes de travail, de relations toxiques, de café et de drogues, nous plonger dans un ressourcement en pleine nature nous amènera toujours une détente et une joie. La nature contient tout ce qui nous est nécessaire pour notre guérison naturelle, et celle de l’humanité.

 

Saurons-nous relever ce défi ? Faisons-le sans attendre de retour, pour nous-même, et peut-être que notre petit pas fera une grande différence. La transition que nous vivons est bien celle-là, celle d’un retour vers l’essentiel, le naturel, le minimal, le lien, la vie. Et au bout, nous-même.

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